THÉÂTRE (critiques)

GÉRARD JAULIN 4 MAI 2018 AU CHATEAU DE BARBEZIEUX-ST-HILAIRE (CHARENTE)

Avec le théâtre de l’Orme, Jean Chambras (le metteur en scène) et Gérard Jaulin (l’acteur) ont choisi de porter à la scène célèbre nouvelle de Nicolas GOGOL (1802-1859), le « Journal d’un fou » pour cette soirée qui fit salle comble, au Château de Barbezieux.

Un spectacle de plus d’une heure pour ce comédien connu pour sa peinture (primé en 2015 par la Fondation Taylor pour son envoi à la biennale 109).

Employé de bureau dans une administration de Saint-Pétersbourg, Proprichtchine rédige son journal à la plume sur sa table, rejoint parfois son lit, raconte et revit ses mésaventures. Amoureux de la fille de son directeur, il espionne sa petite chienne dont il vole les lettres adressées à une autre chienne. Dans ces lettres il se verra ridiculisé.

C’est la souffrance de l’employé de bureau, prisonnier d’une hiérarchie méprisante, noble non reconnu par les siens, et dont le travail consiste à tailler des plumes.

Proprichtine, au fil de ses récits, s’enfonce dans un profond délire, son seul et ultime refuge. Et tout cela reste amusant, âpre, loin de tout cabotinage. La performance de cet acteur consiste à interpréter au plus juste des conversations rapportées, des rencontres, offrant au spectateur l’occasion de reconstituer les scènes de rue ou de bureau. Car personne d’autre n’est représenté, même sous forme de silhouette dans le décor, il parle au vide. L’adresse à sa bien-aimée ou à ses supérieurs n’est pas aisée à rendre dans un dialogue-monologue qui alterne les « moments » d’excitation et d’abattement.

Abattu, hagard ou exalté, le personnage donne donc l’occasion à Gérard Jaulin de montrer des qualités de mime étonnantes. Il ressemble parfois aux enfants solitaires debout au milieu des tableaux qu’il peint, perdus et innocents, les yeux ronds et éblouis.

Françoise Favretto

Gérard Jaulin lit le livre qu’il a illustré

emmanuel bove le crime d'une nuit

couverture le crime d’une nuit

GOGOL

Gogol journal d’un fou par Gérard Jaulin

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