Christiane Tricoit – Hommage à une éditrice

 

L’ÉDITRICE DE PASSAGE D’ENCRES nous a quittés. Voici l’hommage d’un de auteurs que nous avions en commun :

Christiane Tricoit, dévouée jusqu’à l’extrême pour ses proches, consacrée corps et âme à ceux qu’elles choisissait de publier, oui, bien dur d’admettre sa disparition. Je lui suis très reconnaissant d’être de ces bien rares éditeurs acceptant de publier quatre livres dans des formats autorisant qu’images et mises en page y jouent un rôle aussi important que celui du texte.
Amoureuse de l’image elle l’était en effet. Appareil photo à portée de la main, elle affectionnait les vues d’une immédiate proximité aux cadrages insolites.
Tandis que la revue Passage d’encres illustrait parfaitement ce constant désir d’associer l’écrit et le visuel. Je me souviens de ce numéro Poésie : numérique (dir. Alexandre Gherban et moi), du temps considérable passé chez l’imprimeur Buroprim, à relire durant deux jours la partie consacré à des textes universitaires dont la relecture était plus qu’exigeante ! Nous échangions côte à côte des avis comme deux élèves peu sûrs d’eux lors d’un interminable devoir sur table. Car Christiane, ancienne correctrice au Monde, était d’une méticulosité à toute épreuve (jusqu’aux espaces propres à chaque signe de ponctuation !).
Et puis, quelle énergie consacrée à repérer des liens utiles à la promotion des livres édités autant que des lieux pour les montrer (une péniche sur la Seine, une école des beaux-arts, le couvent des Récollets, une librairie souterraine, la salle des machines d’un moulin…).
Ces derniers temps Christiane inquiète, opérations délicates en prévision, crises très douloureuses et soudaines à l’œil, publiait moins et consacrait à Inks ses pertinentes vu d’ici où transparaissaient ses déceptions concernant la dangereuse dérive de l’opinion en France et le peu de remèdes imaginés.
Voilà ! Quelle tristesse, mais aussi le réconfort de savoir que la grande famille d’écrivains, lecteurs, artistes plasticiens, musiciens qu’elle a constituée est demeurée d’une constante fidélité et l’a toujours entourée. Elle continuera d’exister malgré tout, d’une autre manière, même si pour nous tous, tout de même, une longue histoire chargée prend fin.
A un mail que je lui envoyais fin mars :
« j’espère que toi et Frater pouvez profiter complètement de ce printemps qui doit être somptueux au moulin »,
elle répondait, à deux heures du matin, ceci, prémonitoire :
 » Avant d’aller dormir, bonjour LM,
Somptueux, pas encore. On a eu Zeus, un orage qui a cassé l’un des grands saules en deux.
Je ne participerai pas au Marché de la Poésie 2017. »

Louis-Michel DE VAULCHIER

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